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Da Vinci Code
Pour les passionnés de l'histoire...
 La Cène Sources
Jeudi 16 Septembre 2004 - 18:48
La Cène
Huile et détrempe sur enduit / 460 x 880 cm
Réfectoire, Santa Maria delle Grazie – Milan


Commencée vers 1495, terminée vers 1498 après des années de travail intermittent, La Cène du réfectoire de Santa Maria delle Grazie, à Milan, représente la cérémonie de l’eucharistie au moment de l’annonce de la trahison de Judas.


La Cène

Ce tableau mural, exécuté à l’aide d’une technique peu durable – la peinture à la détrempe - a présenté dès le 16e siècle les premiers signes d’altération que d’incessants travaux de restauration n’ont pas encore réussi à stopper. L’œuvre n’a rien perdu de son effet impressionnant malgré le mauvais état du tableau. La dernière restauration a éliminé les repeints de la nature morte sur la nappe, rendant aux couleurs leurs nuances, leurs valeurs plastiques et leurs tons de clair-obscur.
Maintes fois recopiée, recréée et reproduite, cette œuvre est restée la variante la plus connue sur ce thème.

Comme les artistes florentins avant lui, Léonard a placé la Cène dans un espace théâtral construit d’après les règles de la perspective centrale. Les lignes de perspective se rejoignent dans l’œil droit du Christ, ce qui souligne à nouveau sa position centrale dans la composition et dans l’espace pictural. L’artiste se concentre sur l’instant où Jésus est assis à table avec ses disciples et va annoncer : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous va me livrer. » ( Matth. 26 : 21 ). Presque tous les disciples expriment alors leur surprise et leur effroi par différents gestes et réactions : en bout de table, à gauche, Barthélémy, irrité, se lève de sa chaise ; à côté de lui, Jacques le Mineur et André lèvent, étonnés, les mains au ciel. Pierre se lève également de son siège et se tourne, le visage courroucé, vers le centre du tableau. Devant lui apparaît Judas, qui recule, effrayé, touchant de sa main droite la bourse contenant l’argent de sa trahison.

Pour la première fois dans l’histoire des représentations de la Cène après le Moyen Age, Judas n’est plus assis devant, mais derrière la table. Il est de ce fait, tout près de Jean, qui réagit avec retenue ( il ne connaît pas encore le traître ), regardant devant lui, méditatif, les mains jointes. Jésus lui-même, tout aussi impassible, occupe une position centrale au milieu de tableau et devant une fenêtre. Il est flanqué de l’autre côté par deux autres groupes composés chacun de trois disciples : Thomas, Jacques le Majeur, Philippe, ainsi que Matthieu, Thaddée et Simon.

A l’encontre de ses contemporains peintres, Léonard rend l’action dynamique aussi bien en répartissant les douze apôtres en quatre groupes différents, qu’en représentant de manière exactement calculée les gestes et ls mimiques de chaque personnage.
Des relevés, des idées esquissées et les dessins préliminaires pour la Cène, ainsi que quelques récits de témoins oculaires, documentent les efforts considérables que l’artiste a dû fournir pour obtenir de multiples effets particulièrement expressifs de gestes et mimiques. Ainsi, l’artiste a cherché à Milan et ses environs, des types de visages correspondant aux différents apôtres, et a même cherché des modèles appropriés pour les représentations des mains. Cette préparation minutieuse se lit dans les études intensives des physionomies de Jaques le Majeur, Judas et Philippe.
Sur le plan artistique, Léonard a même emprunté de nouvelles voies pour réaliser la composition, en répartissant les douze disciples en groupes de trois personnes, condensant l’atmosphère déjà chargée d’émotions.
Cette répartition en groupes ne se rattache pas uniquement aux efforts de Léonard pour dramatiser l’événement, mais aussi au lieu dans lequel se déroule La Cène.
Trois lunettes forment avec le tableau le haut du mur du réfectoire, et cette répartition influence aussi le rythme ternaire des groupes placés en dessous. Les apôtres, aux deux extrémités de la table, se trouvent en dessous des deux plus petits arcs, les deux groupes intérieurs et le Christ sont ensemble sous l’arc central. Les lunettes elles-mêmes comportent des ornements végétaux et héraldiques entourés d’armoiries, peintes a secco. Au milieu, se trouvent les armoiries de Ludovico Sforza, le maître d’ouvrage, associées à celles de sa femme Béatrice d’Este. A gauche, apparaissent les armoiries de Massimiliano, son premier-né et à sa droite, celles de Francesco, son fils cadet.
Si l’on songe que Ludovic avait fait transformer l’église attenante de San Maria delle Grazie en tombeau funéraire pour sa famille, La Cène de Léonard est à considérer non seulement comme un exemple artistique d’innovation et de force créative, mais aussi comme un document dynastique du maître d’ouvrage.
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le Jeudi 16 Septembre 2004 à 18:48 | Permalien

 'Da Vinci Code', faux mystères, vrai succès ( LE MONDE - 09.09.04 ) News
Jeudi 16 Septembre 2004 - 11:43
Dans un roman qui est devenu un énorme succès éditorial, l'Américain Dan Brown raconte que Jésus était l'époux de Marie-Madeleine et l'ancêtre des Mérovingiens. Crimes et complots, jeux et énigmes jalonnent l'intrigue.

Le sourire de la Joconde, les larmes de Marie-Madeleine et la quête du Saint-Graal sont trois ingrédients dont le mélange peut donner un cocktail inattendu : c'est Da Vinci Code, le roman de Dan Brown qui, depuis sa parution aux Etats-Unis, en mars 2003, est devenu un phénomène éditorial.

Dès sa sortie, le livre s'est retrouvé en première position sur la liste des meilleures ventes du New York Times, du Wall Street Journal, de Publishers Weekly et du San Francisco Chronicle.

Vendu à plus de 10 millions d'exemplaires, le roman suscite à la fois un engouement spectaculaire, des polémiques variées et la publication de nombreux ouvrages destinés à l'expliciter ou à analyser son extraordinaire succès. Les droits d'adaptation cinématographiques ont été acquis par Columbia, qui a confié le projet à Ron Howard, avec Russel Crowe. Traduit dans une quarantaine de langues, il s'est vendu en France, depuis le mois d'avril, à plus de 500 000 exemplaires.

Da Vinci Code commence comme un roman policier. Le conservateur du Louvre est retrouvé assassiné au beau milieu de son musée dans une position singulière. Entièrement nu, bras et jambes écartés et entourés de pictogrammes étranges, le cadavre évoque L'Homme de Vitruve, le célèbre dessin de Léonard de Vinci. L'enquête révèle rapidement que cette mise en scène n'est pas le fait de l'assassin mais qu'elle a été voulue dans un dernier sursaut par la victime elle-même, qui cherche par ce moyen à transmettre un message.

Il ne s'agit pas de lancer les enquêteurs sur la piste du meurtrier, ce qui serait banal, mais de leur faire deviner un secret d'une importance capitale dont la victime était le dernier dépositaire. Robert Langdon, spécialiste de symbologie de l'université Harvard, qui se trouvait à Paris pour une conférence, est appelé en renfort. Assisté de la jeune Sophie Neveu, la petite-fille du conservateur assassiné, il va s'appliquer à décrypter le mystère.

Sans totalement déflorer l'intrigue, on peut dire que l'Eglise catholique aurait singulièrement travesti la vérité historique concernant le Christ. Jésus aurait eu pour épouse Marie-Madeleine, et leurs enfants, après bien des péripéties, se seraient retrouvés en Gaule et auraient fondé la dynastie des rois mérovingiens. Leurs descendants vivraient toujours en France et, parmi eux, figurerait le conservateur du Musée du Louvre.

Une société secrète, le Prieuré de Sion, serait dépositaire de ce lourd secret qui constitue une arme puissante dont l'Eglise catholique, et plus particulièrement son aile la plus dure, l'Opus Dei, veut absolument empêcher la divulgation. Au cours des siècles, un certain nombre de membres de cette secte auraient laissé filtré des indices, dont Léonard de Vinci, qui aurait parsemé ses toiles de signes éloquents concernant le rôle éminent de Marie-Madeleine dans la religion catholique.

PUISSANCES OCCULTES

Dès lors, le roman s'éloigne du genre policier pour se transformer en un jeu de société qui consiste à décrypter des codes enchâssés les uns dans les autres. Ainsi l'inscription retrouvée auprès du cadavre- "O Draconian Devil ! Oh Lame Saint" - est l'anagramme parfait de "Leonardo da Vinci ! The Mona Lisa !" comme "Sa croix grave l'heure" devient "La vierge aux rochers". On a parfois comparé Da Vinci Code au Pendule de Foucault, si ce n'est qu'Umberto Eco, en bon sémiologue, s'applique dans son roman à tourner en ridicule la folie interprétative qui consiste à voir des signes partout en s'enfermant dans ce syllogisme inattaquable : "Moi, je dis qu'il existe une société secrète avec des ramifications dans le monde entier, qui complote pour répandre la rumeur qu'il existe un complot universel."

Le succès de Da Vinci Code peut s'expliquer par l'aspect ludique du roman, qui invite constamment le lecteur à déchiffrer anagrammes et palindromes en tout genre, tout en le promenant dans Paris du Louvre à Saint-Sulpice ou au Royaume-Uni, de Westminster Abbey à un village écossais ; ou par l'aspect féministe de la thèse qui le sous-tend, selon laquelle le principe féminin aurait été gommé de l'histoire des religions ; mais aussi et surtout par la hantise d'être manipulé ou étroitement surveillé par des puissances occultes. Cette hantise est même la source de la vocation de romancier de Dan Brown.

Né en 1964 à Exeter, dans le New Hampshire, celui-ci était professeur d'anglais à l'université Phillips Exeter, en 1995, lorsque les services secrets américains sont venus sur le campus arrêter un étudiant qui avait parlé, dans un courriel adressé à un de ses copains, d'assassiner le président Clinton. C'était bien sûr une boutade, et l'affaire n'eut pas de suite, mais Dan Brown fut impressionné par la capacité des agences de renseignement à surveiller les faits et gestes des individus. Il renonça à son hobby de compositeur de chansons (l'une d'entre elles a été interprétée à Atlanta lors des Jeux olympiques) pour écrire son premier roman, Digital Fortress (1996), qui mettait en scène la National Security Agency et le danger qu'elle fait courir pour les libertés individu-elles.

Angel & Demons, qui mettait pour la première fois en scène le personnage de Robert Langdon, paraît un galop d'essai avant Da Vinci Code. On y retrouve une secte, les Illuminati, un conflit avec l'Eglise, une enquête qui remonte à la Renaissance et à Galilée et l'assassinat d'un savant qui aurait mis au point l'antimatière, dont un échantillon explosif se retrouve dans les caves du Vatican, en plein conclave pour l'élection d'un nouveau pape.

Fort de son succès, Dan Brown a déjà l'idée d'une douzaine de romans mettant Robert Langdon aux prises avec les grands mystères de l'humanité. La suite de Da Vinci Code, qui doit se passer sur le territoire des Etats-Unis, est actuellement en chantier. L'idée d'un détective capable, non seulement de résoudre des enquêtes criminelles, mais de rendre déchiffrable un univers rempli de mystères et d'étranges coïncidences, a fatalement de l'avenir.

Gérard Meudal

Da Vinci Code,Dan Brown, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Daniel Roche (Lattès, 574 p., 22 € ).

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le Jeudi 16 Septembre 2004 à 11:43 | Permalien

 Un phénomène touristique ( LE MONDE - 09.09.04 ) News
Jeudi 16 Septembre 2004 - 11:38
Le Da Vinci Code est aussi un phénomène touristique. Les lecteurs mordus recherchent les mystérieux "signes" qui jalonnent le livre en allant à Paris, Rome et Londres. Les concepteurs de voyages proposent des visites express d'Europe (2 299 dollars) ou de Paris et des parcours au Louvre (110 euros). Certains de ces lecteurs ne peuvent que constater les incohérences et inexactitudes qui foisonnent dans ce roman. Ainsi, dans l'église Saint-Sulpice, les pèlerins (plus de 20 000 cet été, selon le père Henri d'Antin) traquent en vain des indices : pas de granit au sol, nul temple païen dans la crypte...

Quelques-uns sont massés sous un panneau indiquant que "la "ligne méridienne" matérialisée par une réglette de laiton fait partie d'un instrument scientifique" et que, "contrairement aux allégations fantaisistes contenues dans un récent roman à succès, -elle- ne coïncide pas avec le méridien de l'Observatoire (...). La seule manière de conférer un sens religieux à cet instrument d'astronomie est de reconnaître en Dieu le Créateur et le Maître du temps." Dans ce groupe de touristes, des Américains sont venus spécialement pour voir la fameuse ligne, trois Finlandais pour "savoir où est la vérité"

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.09.04
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le Jeudi 16 Septembre 2004 à 11:38 | Permalien

 Etats-Unis: Le filon des anti-Da Vinci Code (Le Point) News
Jeudi 16 Septembre 2004 - 11:22
Emmanuel Saint-Martin (à New York)

C'est un phénoménal succès d'édition, une sorte de Harry Potter pour adultes. Il fallait bien que les huit millions d'exemplaires du « Da Vinci Code » vendus dans le monde (dont six millions aux Etats-Unis et 375 000 en France, chez Lattès) ouvrent des appétits. Comme toujours, Hollywood s'est précipité. La version cinématographique du « Da Vinci Code » est en tournage, sous la direction de Ron Howard, avec Russell Crowe et Kate Beckinsale.

En revanche, plus inattendue est la déferlante qui s'est abattue dans les rayons des librairies : depuis ce printemps, plus d'une douzaine d'ouvrages sont parus aux Etats-Unis, qui tous promettent de « décoder » le « Da Vinci Code ». L'un d'entre eux, « Le code Da Vinci décrypté », écrit par le journaliste britannique Simon Cox, sort cette semaine en France (éditions du Pré aux Clercs).

La maestria de Dan Brown pour le suspense n'est évidemment pas le sujet de tous ces livres, qui ne s'intéressent qu'à la dimension ésotérique de ce polar historico-religieux. Et aux questions qu'il est censé poser. Exemples : « Jésus était-il marié à Marie-Madeleine ? Ont-ils eu un enfant ensemble ? Etait-elle un de ses disciples, ce que l'Eglise catholique aurait toujours caché pour pouvoir assurer la domination masculine ? »...

Malgré les apparences, la plupart de ces auteurs font bien plus qu'exploiter un juteux filon, ils mènent un combat. Darrell Bock, auteur de « Breaking the Da Vinci Code » (Casser le Da Vinci Code), raconte ainsi qu'il a eu l'idée de ce livre lors d'un débat télévisé avec Dan Brown : « Brown s'est mis à affirmer que, s'il devait écrire un livre d'histoire plutôt qu'un roman, il ne retirerait pas un mot ! Or son ouvrage est un bon roman, mais il est truffé d'erreurs historiques, d'affabulations », assure l'auteur, théologien protestant de Dallas.

La plupart de ces livres sont en fait publiés par des éditeurs catholiques ou protestants qui relaient les inquiétudes d'Eglises affolées de voir des théories du complot « devenir la seule référence de générations qui n'ont aucune connaissance historique de cette période », assure Darrell Bock.

S'il a permis à plusieurs de ces livres qui le clouent au pilori d'entrer dans les listes de best-sellers, Dan Brown a de quoi se consoler : tous en sont sortis. Le « Da Vinci Code », lui, était encore cette semaine en tête de la liste du New York Times. Près d'un an et demi après sa sortie



(Le Point) ajouté le 2004-08-27
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le Jeudi 16 Septembre 2004 à 11:22 | Permalien

 Liban: le roman «Da Vinci code» est interdit de vente au Liban - ATS News
Jeudi 16 Septembre 2004 - 11:18
Liban: le roman «Da Vinci code» est interdit de vente au Liban - ATS

La vente du best-seller «Da Vinci code», du romancier américain Dan Brown, a été interdit au Liban. Cette décision est intervenue à la suite d'une plainte des autorités chrétiennes en raison de la référence de l'ouvrage à la vie privée de Jésus.
«La Sûreté générale a demandé notre opinion il y a une dizaine de jours et interdit l'ouvrage après notre réponse», a déclaré à l'AFP le père Abdo Abou Kasm, président du Centre d'information catholique.
«Nous avons jugé que le livre porte atteinte aux croyances chrétiennes. Il affirme que le Christ s'est marié avec Marie-Madeleine et a eu d'elle une progéniture», a-t-il expliqué.
«Nous dénonçons ces tentatives de porter atteinte aux croyances chrétiennes et à toute autre religion sous couvert de la culture. Le livre pourrait être autorisé ailleurs mais, au Liban, la loi interdit de porter atteinte aux croyances religieuses», a-t-il souligné.
Le roman de Dan Brown a été vendu à des millions d'exemplaires en différentes langues, y compris dans sa version arabe publiée à Beyrouth. Roger Haddad, directeur adjoint d'une grande librairie à Beyrouth, a indiqué «avoir reçu vendredi un appel téléphonique de la Sûreté générale» lui demandant de «retirer le livre de la vente». Le responsable commercial d'une autre librairie importante a affirmé avoir reçu les mêmes instructions.
Le président du syndicat des propriétaires des maisons d'édition, Ahmad Fadlallah Assi, a dénoncé dans une «lettre ouverte» au président Emile Lahoud cette «répression des libertés».

Copyright - ATS
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le Jeudi 16 Septembre 2004 à 11:18 | Permalien

 Sites à consulter Internet
Mercredi 15 Septembre 2004 - 18:06

INSECULA : l'encyclopédie des Arts et de l'Architecture

http://www.insecula.com/

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le Mercredi 15 Septembre 2004 à 18:06 | Permalien

 Léonard de Vinci / La Joconde Sources
Mercredi 15 Septembre 2004 - 17:49
Mona Lisa
Léonardo di Ser Piero da Vinci (Léonard de Vinci)

Naissance : Vinci, 1452
- Décès : Amboise, 1519


La "Haute Renaissance"



Né en 1452 dans le petit village toscan de Vinci, Leonardo da Vinci est né des amours illégitimes du notaire des lieux avec l'une de ses servantes, Catarina Vacca.

Tantôt décrit comme un colosse capable de tordre un fer à cheval dans ses mains, souvent qualifié d'efféminé et rêveur, le jeune adolescent manifestera des dons artistiques très précocement. Il sera admis dans l'atelier du peintre et sculpteur florentin Andrea Verrocchio (1435-1488), à l'âge de quatorze ans, où il côtoiera notamment Sandro Botticelli ou Pérugin. Les treize années de formation intégreront l'apprentissage des mathématiques, de la perspective, de la géométrie et de toutes les sciences d'observation et d'étude du milieu naturel. L'élève s'initiera également à l'architecture et à la sculpture.

La carrière de peintre débutera par des portraits et des tableaux religieux commandés passées par des notables et des monastères de Florence. Protégé par Laurent de Médicis le Magnifique, le peintre connaîtra rapidement la gloire. Son mécène l'enverra servir le duc Sforza, à Milan, en 1482. Léonard lui proposera le large éventail de ses compétences, dans une lettre où il écrira : "Je peux construire des ponts très légers, solides, robustes, facilement transportables, pour poursuivre et, quelquefois fuir l'ennemi [...] J'ai également des moyens pour faire des bombardes, très commodes et faciles à transporter, qui lancent de la pierraille presque comme la tempête, terrorisant l'ennemi par leur fumée [...] En temps de paix, je crois pouvoir donner aussi entière satisfaction que quiconque, soit en architecture, pour la construction d'édifices publics et privés, soit pour conduire l'eau d'un endroit à un autre".

Les villes de Pise et de Venise, les souverains de Mantoue, la famille d'Este et le roi de France, François Ier, manifesteront leurs souhaits de s'attacher les services du génie. Ce dernier n'aura de cesse d'étudier les phénomènes naturels qui alimenteront sa connaissance de l'anatomie : "D'où vient l'urine ? D'où vient le lait ? Comment la nourriture se distribue dans les veines ? D'où vient l'ébriété ? D'où le vomissement ? D'où viennent les larmes ?" La Vierge aux rochers (Musée du Louvre), commencée en 1483, la Cène (couvent Sainte-Marie-des-Grâces Milan), exécutée en 1493, la Bataille d'Anghiari, tableau ruiné par des innovations picturales hasardeuses dont il obtiendra la commande en 1503, après une lutte acharnée avec Michel-Ange, témoignent de l'apport des connaissances scientifiques et technologiques dans l'exécution des tableaux.

La Joconde

Semblant prédire le succès de ce portrait, l'artiste écrira : "Ne vois-tu pas que parmi les beautés humaines, c'est le beau visage qui arrête les passants, et non les ornements riches...".

Peinte sur un mince support en bois de peuplier, la Joconde est considérée comme le chef d'oeuvre de Léonard de Vinci. Les effets subtils de la lumière sur les chairs, et la qualité du paysage situé à l'arrière-plan, mettent en valeur le modelé du visage étonnamment réaliste. Le peintre préparera son panneau avec plusieurs couches d'enduits, dessinera son motif, puis entreprendra le travail de peinture à l'huile, additionnée d'essence très diluée, en superposant d'innombrables couches de couleurs transparentes qui lui permettront d'affiné constamment le modelé. Ces glacis contribueront à la mise en valeur des effets d'ombre et de lumière sur une imitation parfaite des chairs du visage, selon une technique baptisée "sfumato" par l'artiste.

Le premier biographe de Léonard de Vinci, le peintre Vasari insistera surtout sur le réalisme de la Joconde : "Ses yeux limpides avaient l'éclat de la vie : cernés de nuances rougeâtres et plombées, ils étaient bordés de cils dont le rendu suppose la plus grande délicatesse. Les sourcils avec leur implantation par endroits plus épaisse ou plus rare suivant la disposition des pores, ne pouvaient être plus vrais. Le nez, aux ravissantes narines roses et délicates, était la vie même. [...] Au creux de la gorge, le spectateur attentif saisissait le battement des veines." D'autre part, grâce au "sfumato", Léonard peut atteindre un de ses objectifs artistiques prioritaires, en s'intéressant en priorité à la personnalité de son modèle : "Le bon peintre a essentiellement deux choses à représenter : le personnage et l'état de son esprit", disait Léonard. Peindre l'âme plutôt que le physique est en effet la finalité ultime de son oeuvre et le "sfumato", éclairage du portrait par le clair-obscur, accentue de fait les mystères d'une oeuvre : "plonger les choses dans la lumière, c'est les plonger dans l'infini".

Le premier témoignage concernant le modèle de la Joconde, daté des dernières années de la vie de Léonard, évoque le portrait "d'une certaine dame florentine faite d'après nature sur demande du magnifique Giuliano de Médicis". Vasari nous apprendra que de Mona Lisa était la femme d'un gentilhomme florentin, Francesco del Giocondo, riche bourgeois exerçant des responsabilités politiques dans sa ville. Lisa Gherardini, née en 1479, épousera del Giocondo en 1495. Un dernier texte, daté de 1625, fait référence au "portrait en demi-figure d'une certaine Gioconda", qui donnera définitivement son titre français au tableau.

Le portrait commencé durant le séjour du peintre à Florence entre 1503 et 1506, sera emporté par Léonard de Vinci lors de sa venue à la cour de François Ier. Il semble y avoir été retravaillé durant son séjour en France. Acquis par François Ier, soit directement auprès de Léonard de Vinci, soit à sa mort, auprès de ses héritiers, le tableau séjournera dans les collections royales jusqu'à la création du Museum Central des Arts au Louvre en 1793. Il sera conservé à Versailles sous Louis XIV et aux Tuileries durant le Premier Empire. Il intègrera le Louvre sous la Restauration.

Le 21 août 1911, un peintre italien du nom de Vincenzo Peruggia dérobera la Joconde afin de la restituer à son pays d'origine. La longue enquête policière, relayée par la presse du monde entier, envisagera toutes les pistes et interrogera tout le monde, y compris les peintres cubistes et le poète Guillaume Apollinaire, qui avait un jour crié qu'il fallait "brûler le Louvre". Mona Lisa sera retrouvée en Italie presque deux années plus tard.

Exposée aux Etats-Unis, en 1963, et au Japon, en 1974, la Joconde est aujourd'hui l'oeuvre la plus célèbre et la plus reproduite au monde.
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le Mercredi 15 Septembre 2004 à 17:49 | Permalien

 C'est parti... Découverte
Mercredi 15 Septembre 2004 - 17:11
Couverture du livre
Aéroport de Nice, 21 août - 11h24

Je rentre de vacances. Des amis m'accompagnent. Je flane dans une superbe librairie, bien achalandée, aux présentoirs accrocheurs et décorée de chaleureux bois exotique.

J'ai "la mauvaise idée" de désigner à mon amie Michèle - qui, comme moi, est passionnée de littérature - le best-seller incontestable de l'été : le Da Vinci Code de Dan Brown aux Editions JCLattès...

Quelques instants plus tard :
- Bon anniversaire, Bernard !

Eh oui, c'était bien le jour et Michèle le savait avec son sourire radieux, me tendant la grosse pochette en papier.

- Tu es folle...

Gêné mais ravi, je m'empresse de déballer le paquet et d'exhiber le gros volume à la couverture rouge flamboyante encadrant le regard de la Joconde.

Ce jour d'anniversaire est bien celui d'un départ. Pas seulement d'un voyage mais sûrement celui d'une belle aventure de lecture passionnante...
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le Mercredi 15 Septembre 2004 à 17:11 | Permalien

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