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Dimanche 13 juillet 2008
Il est environ 6h du matin quand je me réveille. Mon ventre me gêne, me fait mal quand je suis allongée sur le côté. Je tourne dans tous les sens, rien à faire je ne parviens pas à trouver de position confortable. Je me dis que ma nuit est finie et me décide à descendre pour m'installer sur le canapé et regarder la télé, de cette manière j'allais peut-être somnoler et gagner 1 bonne heure de sommeil. Je me cale donc devant le sitcom "les filles d'à côté" car vu l'heure y a pas trop le choix et effectivement je sens que mes paupières se ferment. On ne peut pas dire que je dors d'un sommeil profond mais au moins je me repose avant le réveil de Louane. Je ne me sens pas à l'aise, vers les alentours de 8h30 je commence à ressentir des douleurs inhabituelles, cela ressemble bien à une contraction.Je décide d'attendre la prochaine pour être sûre, elle se fait sentir au moins 40 mn plus tard. Entre temps Louane se réveille, je lui prépare son biberon, lui met un dessin animé et je vais dans ma chambre pour voir Jean-Louis qui est réveillé. Je lui dis que j'ai des contractions anarchiques et que je pense que c'est pour aujourd'hui, au plus tard pour demain. Et là coup de stress pour lui, il me pose 20 fois la questions d'affilée "t'es sûre? t'es sûre?" là je lui dis zen, il faut encore attendre pour être certain et que je verrais d'ici quelques heures. Du coup il se lève et descend au salon.
Il est un peu plus de 10h, les contractions sont bien présentes, régulières à toutes les 20 mn, niveau douleur ça va je n'ai pas vraiment mal. Je dis à jean-louis écoute ça se précise vraiment, c'est pour aujourd'hui. Je suis super sereine, j'ai du mal à croire que c'est le grand jour, mais une chose est sûre je n'ai pas envie de m'affoler, je veux savourer ces instants que peut-être je ne connaîtrais plus jamais!! je décide de prendre un bain et 2 spasfons pour éliminer un éventuel faux travail il est 11h30 environ, je veux m'épiler un peu les gambettes et mon intimité (histoire d'être présentable!), je vérifie les valises, pendant que zhom conduit Louane chez ma mère. Les contractions sont plus fortes et rapprochées à toutes les 8 mn, tout est prêt pour partir, je suis calme et détendue, car c'est bête à dire mais ma maison est en ordre, ma fille va se régaler chez ma mère, je peux me concentrer sur l'arrivée de Lucie. Avant de partir je me mets sur le forum pour prévenir les copinautes mais zhom est en ébullition, le stress l'a submergé quand j'y repense ça me fait rire, il me dit que j'ai autre choses à penser. Du coup histoire de ne pas le perturber davantage j'éteins l'ordi et nous partons, il est au alentour de 12h50.
Les contractions se rapprochent de plus en plus au fil des minutes, tout d'abord toutes les 7, puis toutes les 5 mn et à l'arrivée toutes les 2-3 mn, et tout ça en moins de 30 mn. Jean-Louis a fait du 140 km, obligé de lui dire de ralentir à plusieurs reprises! Sur le trajet je préviens nos parents respectifs que c'est le grand jour!
Arrivée à l'hôpital, on sonne à l'interphone, on nous demande "c'est pour quoi?" jean-louis crie presque " elle va accoucher", le fou rire me prend devant l'état de mon zhom, l'heure est à la bonne humeur! aprés s'être perdu dans les couloirs on est finalement reçu par une SF tout jeunette, elle m'installe en salle d'examen, me met sous monito, va chercher mon dossier qu'elle examine sans dire un mot, sur le coup je me dis qu'elle n'a pas l'air trés sympathique.
Elle finit par me faire un TV, et là elle m'annonce que le travail est effectivement déjà bien avancé, je suis plutôt contente j'arrive à bien gérer la douleur, tout devrait aller vite, zhom est ébahi car il n'en revient pas que je sois déjà à 6 et que je ne laisse rien paraître. La SF me perfuse, elle tremble en me posant le cath et bizzarement on lui demande si elle va avoir besoin d'aide, je comprends très vite qu'elle a peu d'expérience mais bon ça ne m'affole pas trop. Elle me demande si je veux la péri, je suis étonnée qu'on me la propose encore vu le stade où j'en suis et là je doute, je ne sais pas quoi répondre! j'ai mal mais je gère plutôt bien (ce qu'elle me confirme d'ailleurs en me disant qu'en plus mon accouchement devrait être rapide) j'ai tant envie d'essayer de faire sans. Elle me dit qu'elle me laisse le temps du transfert en salle d'accouchement pour prendre ma décision. Jean-Louis est amené au vestiaire pour se changer et ramener les affaires pour la petite.
Mais les douleurs deviennent subitement insupportable d'une intensité de 40 elle passe à 100, et là je regarde zhom j'ai envie de pleurer car je sens mon courage du moment s'évanouir, je me sens lâche d'être si faible devant la douleur, je dis alors que je veux l'anesthésiste, la SF qui s'était absentée me dit alors qu'il ne me fera pas la péri mais plutôt une rachi, je suis un peu déçue car je n'aime pas les rachis! mais bon je veux être bien pour accueillir ma puce et accepte, si seulement j'avais su ce qui allait suivre.............
L'anesth arrive, pas très chaleureux, il se prépare, me dit comment me mettre, et là je sens qu'il palpe mon dos pendant plusieurs secondes,je ne sais pas pourquoi mais j'ai un mauvais pressentiment je le trouve long et hésitant avant de me piquer, enfin j'essaye de me détendre et je me dis que tout va bien se passer, il pique et au bout de quelques secondes je sens que le produit se diffuse. Je me dis que d'ici 10 mn je devrais être mieux. il est alors 14h30
En attendant je douille sévére, j'essaye de prendre sur moi et de me contrôler. Jean-Louis est prés de moi, il m'apporte tout son soutient, j'ai tant besoin de lui et de sa force. Trés vite je comprends que ma rachi ne fonctionne pas. Mes jambes sont engourdies mais pas le reste. Les contractions me cisaillent je ne peux plus bouger pour trouver une position antalgique, je suis clouée sur la table. Il est 15h environ ma SF qui se prénomme Marie-Laure comprend que l'accouchement se fera sans anesthésie.
Je regarde la pendule ça fait 1h que je souffre et ça empire les contractions sont puissantes et j'ai peu de répits entre, la courbe plafonne au maximum et j'ai l'impression que rien ne se passe. La SF m'examine je ne suis qu'à 8, Lucie est remontée dans mon ventre. Je crois que c'est à ce moment là que je commence à paniquer. Les larmes coulent sur mes joues, je serre les mains de Jean-Louis et enfouit ma tête contre lui et gémit à chaque contraction. Je m'excuse de gémir mais c'est la seule chose que je puisse faire pour essayer de me soulager un peu, je suis clouée sur cette foutue table, j'ai envie de tout arracher, je me sens prisonnière, je demande à ce qu'on m'enlève le brassard du tensiométre, j'ai l'impression de manquer d'air avec tout cet attirail. Je n'ai qu'une envie c'est de me lever et de marcher pour me soulager, peut-être l'instinct,mais je ne peux pas, je ne commande plus mes jambes. Jean-Louis a les larmes aux yeux, il est tout blanc, il a du mal à me voir dans cet état, au bout d'un moment il m'a même dit "tu vas me faire pleurer, je n'en peux plus de te voir souffrir!"
Marie-Laure est super, très humaine, elle me dit de ne pas paniquer, essaye de trouver les mots qui vont me rassurer, elle me dit que je me débrouille bien, que c'est très bien ce que je fais (elle est trop gentille mais pas réaliste à mon avis! lol), elle m'encourage à fond! elle décide de m'aider, elle va pour percer la poche des eaux mais au moment d'introduire la tige, la poche se rompt toute seule. Elle me demande de pousser 2 fois pour aider Lucie à descendre complètement dans le bassin, les poussées c'est ce que je sais le mieux faire au final, le résultat est immédiat je sens Lucie qui est bien engagée et surtout c'est pire côté douleur, j'ai l'impression qu'elle pousse mais pas dans la bonne direction!! la SF me demande si le fait de pousser me soulage, non au contraire j'ai mal, mais tant pis je veux pousser car je veux en finir, je suis fatiguée, je ne gére plus rien, je subis, je n'aime pas ça, je ne veux pas hurler car j'ai toujours trouver ça débile mais je comprends qu'on puisse le faire!
Marie-laure me demande si pour Louane j'ai eu une épisiotomie, je lui réponds que oui alors elle me dit que pour cette fois ci on va essayer de faire sans. Ca me réconforte un peu!
Il est pas loin de 16h quand je commence à pousser aprés que Marie-laure ait dirigée la tête de ma puce, elle m'injecte 2 ampoules de spasfons pour aider mon col. En quelques poussées, Lucie descend lentement, Marie-laure me demande si je veux la toucher, j'avance ma main et là je sens le sommet de sa tête avec ses cheveux, maintenant qu'elle est presque là je me sens mieux, je pousse encore 2 fois, il est 16h11 quand Lucie pousse son premier cri. Deux choses me vienne à l'esprit, ça y est ma puce est là et c'est fini. J'attrappe Lucie mais on me dit que je ne peux pas la mettre plus haut que mon ventre, le cordon est trop court. Sur le coup je dis à jean-Louis qu'elle ressemble à Loulou. Je suis enivrée par le bonheur d'avoir enfin ma puce. Jean-Louis demande à couper le cordon, il est fier. Puis il part avec Lucie pour les premiers soins.
Très vite les choses se compliquent, Marie-Laure a l'air soucieuse, le placenta ne veut pas sortir, elle tire mais rien ne vient. Elle me demande si en temps normal j'ai des problèmes de coag, elle trouve que je saigne pas mal, je commence à m'inquiéter, je regarde la pendule,je sais que le délai maxi pour la délivrance c'est environ une demi heure, après cela relève d'une urgence pour éviter l'hémorragie. Au bout de 5 mn où elle tente son maximum pour le faire sortir elle fait appeler l'anesth et l'interne de garde! je me dis que ce n'est pas possible la malchance me poursuit, la peur remplace très vite mon anxieuté, j'essaie de ne rien montrer pour ne pas affoler Jean-louis qui est revenu avec Lucie dans les bras. En attendant l'arrivée de l'interne, j'apprends que Lucie pèse 3kg 230, une petite crevette comparée à sa soeur.
C'est l'anesth qui arrive en premier, il demande ce qui se passe, Marie-Laure lui explique, voilà ce que cet idiot répond "et alors que voulait vous que je fasse? Si vous avez besoin de moi vous me trouverez au bloc!" Marie-Laure est mal à l'aise, car elle l'avait fait venir pour qu'il établisse un protocole antalgique pour la délivrance. Moi je ne dis rien, ça ne sert à rien, visiblement la prise en charge de la douleur ils ne connaissent pas!! L'interne arrive à son tour il fait le point avec la SF. Il laisse Marie-Laure tirer sur le placenta pendant que lui appuie avec force sur mon ventre, j'ai mal, mais tant pis je préfére avoir mal et expulser le placenta plutôt que de finir au bloc. A ce moment là je pense au pire, je l'avoue! Jean-louis est toujours là je vois bien qu'il est inquiet. Les minutes passent, l'atmosphère est pesante, l'interne finit par dire qu'il va essayer d'aller le chercher, il se laisse 5 mn sinon ça sera délivrance au bloc.
La révision utérine commence, ce n'est pas trop douloureux, c'est juste désagréable! on conseille à Jean-Louis de sortir car la vision de cet acte est quand même choquante, il refuse, il dit qu'il veut rester,je sais qu'il ne veut pas me laisser et qu'il a peur! j'essaie de lui lancer de petits sourires par moment histoire de le rassurer un peu.
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